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Intervention sous hypnose, une alternative

Certaines interventions chirurgicales peuvent être aujourd’hui proposées avec une hypnosédation. Une pratique exercée par des professionnels formés et pour certains actes uniquement. Vous ou l’un de vos proches allez être hospitalisé à la Clinique Jules Verne pour un geste opératoire, n’hésitez pas à questionner l’anesthésiste sur cette possibilité qui s’offre à vous.

L’hypnosédation en quelques mots

L’hypnose se définit comme un état modifié de la conscience. Elle repose sur une dissociation du corps et de l’esprit, capable de procurer à la fois, une analgésie et un vécu agréable, lors de gestes opératoires. C’est un état de conscience particulier que tout le monde a déjà vécu sans savoir qu’il s’agissait d’hypnose (exemples : au volant d’une voiture lorsque nous conduisons de façon automatique alors que l’esprit est ailleurs ou bien encore dans une salle de cours ou de spectacle quand l’esprit s’évade alors que le corps reste présent). Chacun a ainsi pu expérimenter sans le savoir un état hypnotique, au cours duquel le corps est « oublié dans un endroit pendant que l’esprit s’échappe ailleurs ».

Le processus hypnotique peut être associé à une sédation*. L’apaisement obtenu procure aux patients tranquillité et analgésie (c’est-à-dire absence de douleur) et est alors désigné sous le terme “hypnosédation”.

Aujourd’hui, une formation médicale spécifique et reconnue est indispensable, afin de respecter le cadre de soins pour lequel l’hypnose est proposée.

Les atouts d’une telle pratique

L’hypnose médicale est un outil dont l’intérêt est grandissant. Elle peut être proposée pour certaines interventions chirurgicales et certains examens invasifs en alternative à l’anesthésie conventionnelle ou en complément, pour améliorer le vécu des patients lors de leur parcours de soins en milieu hospitalier. Elle donne au praticien les moyens d’une prise en charge personnalisée : de l’anxiété, de la douleur et du confort du patient lors de son parcours de soins. Elle peut servir de simple adjuvant thérapeutique ou s’imposer comme technique hypnotique puissante. Elle peut permettre également d’atténuer certains effets secondaires médicamenteux ou adverses de la chirurgie. Mais quelque soit son utilisation, elle renforce la relation entre le patient et le thérapeute (médecin anesthésiste).

Les modulations de l’anxiété et de la perception de la douleur sont les deux intérêts majeurs apportés par l’outil hypnotique en anesthésie. La participation active du patient aux soins, la satisfaction du vécu péri opératoire, la diminution du recours aux agents anesthésiques, la facilitation de la réhabilitation postopératoire sont aussi à son crédit.

Quelles sont les modalités préopératoires ?

L’information relative à l’hypnose est délivrée lors de la consultation d’anesthésie, plusieurs jours avant l’intervention, plaçant l’outil hypnotique comme une alternative possible à une anesthésie plus conventionnelle. L’anesthésiste doit s’assurer de la motivation du patient, de sa coopération. Puis très concrètement les étapes du processus hypnotique sont rapidement évoquées et mises en parallèle avec les différents temps de l’intervention. La mise en place d’un code d’inconfort ou de douleur est définie, entre le patient et le praticien, dès ce stade. Il permet de rassurer le patient sur la continuité de la relation particulière établie avec l’anesthésiste lors de l’intervention. Bien entendu, les mesures de qualité et de sécurité sont les mêmes que celles de toute anesthésie générale (jeûne préopératoire, surveillance des paramètres respiratoires et hémodynamiques).

Quelles sont les modalités peropératoires ?

L’hypnose comporte des règles et des étapes comme pour une anesthésie générale, à savoir : des séquences d’installation, d’induction, d’entretien et de retour à la conscience ordinaire. Le thérapeute peut faire des suggestions de confort (restitution d’un souvenir agréable) ou d’analgésie. Le temps d’installation n’est pas plus long que pour une anesthésie générale.

Existe-t-il des profils plus résistants aux bienfaits de cette pratique ?

Il est toujours possible de revenir à une autre technique d’anesthésie, c’est l’intérêt de voir l’hypnose réalisée par un spécialiste de l’anesthésie. A tout moment et en fonction de vos besoins ou de vos envies, il peut changer de technique ; une anesthésie générale est donc toujours possible si cela s’avérait utile.

* Apaisement par les sédatifs